Introspection.

J'essaye pourtant, mais y' a pas moyen. J'ai passé deux bonnes heures à essayer de faire sortir un texte, ou n'importe quoi. A part quelques mots alignés incohérents, y' a pas moyen. A chaque fois que je commence, c'est la même chose me revient en tête.
Le blanc que j'arrive pas à sauter. Passer en mode automatique et se repasser la vidéo en boucle quinze fois après coup. Voir ce qui n'a pas été, où ça a foiré. Comment on en est arrivé là. Le fait d'avoir la capacité d'agir comme on veut, en suivant ses règles veut dire qu'elles doivent correspondre à ce que l'on est. C'est pas ce que je suis. Alors? La fin ne justifie pas les moyens. Et pourtant j'aurais pressé la détente sans une seule foutue hésitation. Le silencieux collé aux mèches de cheveux aurait étouffé le bruit de la balle sortant du canon, allant se loger dans le crâne, explosant en une multitude de fragments. Avant de ressortir de l'autre côté, tapissant le mur de rouge. C'était à peu près ça. Enfin non. Ca aurait pu être pire. Pousser jusqu'à ce que j'ai plus besoin d'appuyer sur la détente, ça, ça aurait été vraiment violent. J'avais pas grand chose à faire en plus. Quelques manips, un peu de bon sens. Et ça aurait été un cauchemar total. L'administration c'est déjà une horreur en temps normal, mais quand on a personne à qui se plaindre.. Surtout que ça aurait été un truc rare, peut-être inédit. Surement même. Qu'est ce qui m'aurait fallu pour en arriver là?
Y' a eu des surprises party aussi, mais c'est ça de vivre dans le même monde. A tout moment on peut croiser n'importe qui sur le trottoir. Et là tout de suite c'est différent. Une option très tentante s'offre à toi. Mais ça ne produirait que l'inverse de l'effet recherché. A moins d'avoir les moyens d'être très, très discret.
Oh mais faut arrêter de penser à ça. Pourquoi j'ai pas pris cette option, c'est parce que c'est dépasser la ligne rouge. C'était pas une option. Pourquoi j'ai dépassé la ligne jaune. Parce que dans le cas présent j'ai jugé que c'était justifié, et que c'est QUE la ligne jaune. Ou bien j'ai obéi à une pulsion? En me disant que c'était justifié?
La colère fait faire des trucs moches parfois. La peur, c'est pire. Peur de quoi? De ce qui était déjà arrivé, en sachant que ça pouvait recommencer.
Au final c'est pas compliqué. Plus de fair-play, un adversaire. Garder l'adversaire sous le coude pour mieux l'abattre. C'était vraiment la solution facile en fin de compte. Ca n'a peut-être rien à voir avec la peur en fait. C'était juste une "solution" qui me permettait de faire ce dont j'avais envie en atteignant l'objectif par la même occasion. Y' avait surement des moyens plus propres. Mais j'aurais du réfléchir un peu plus. Pris par le temps, la peur l'envie. J'ai tiré.
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# Posté le samedi 18 juillet 2009 21:01

Modifié le dimanche 19 juillet 2009 18:56

Ecrire.

Ecrire. Ca reviendra. Quand les conditions seront réunies.
Je dis au revoir aux trois personnes qui pourraient passer sur ce blog à 4h00 du mat, parce qu'elle auront rien d'autre à faire. Hahaha. J'vais.. J'en sais rien mais j'y vais.

# Posté le samedi 13 juin 2009 13:58

Night City Stories- Rockstar co. property.

Choc. Je perd l'équilibre et mes appuis, et vais m'effondrer au bout de quelques pas sur le parquet à côté du tapis. Et elle n'utilise aucun coup de pied.
- Oh excuse moi! Ca va?
Je reste au sol et pose mes bras en croix en grimaçant.
- P'taaiiin t'abuses. J'ai rien compris. Et si j'ai un bleu je vais avoir l'air de quoi ce soir hein? ralais-je en me massant la tempe.
Elle sourit en se passant le revers de son gant sur le front.
- Tu contrôles pas assez ta respiration au bout d'un moment, du coup quand tu te rends compte que t'es essouflé tu te concentres là dessus, et t'es moins réactif. T'as fait un pas en arrière en changeant de garde, j'ai juste attendu un peu.
Je reste au sol en soufflant pour récuperer.
- Bon, moi je suis mort. Je vais squatter la table d'abdos pendant que tu te douches. Mais trace, on a rencart à 45 il est 20, et j'ai même pas sorti mes fringues.
- Eh ben depêche toi de faire tes abdos fillette me lança-t-elle en laissant tomber ses gants à mes pieds. Elle se dirigea vers la salle de bain en prenant la serviette posée sur le radiateur du couloir.
Je roulai comme une loque vers le coin de la pièce où la table était posée contre le mur.
Quatre fois cinquante, avec mon mouvement préféré à chaque remontée. Ecarte main avant, main arrière, crochet main avant. L'eau commença à couler dans la douche.
Après cinq minutes bien remplies, je repose la table où je l'ai prise. J'enlève d'un maillot et m'approche du miroir du couloir. Le bleu sur l'épaule gauche est toujours aussi moche à regarder. J'approche ma tête. Aucune trace du coup de y'a dix minutes. C'est déjà ça.
Dans la chambre d'amis, j'ouvre l'armoire et sors les fringues que je vais porter pour la soirée. Hésite. On est début juin, il fait déjà bien chaud, même en soirée. Chemise veste ou. Oé bon je verrai après la douche. Je jette un coup d'oeil à l'horloge sur le pc. 34.
- He tu t'es endormie ou quoi? Il est 34 et je suis pas lavééé!
Elle sort de la salle de bain en jean noir et un haut rouge super bien mais auquel je suis totalement incapable de donner un nom.
- Qu'est ce que t'attends? dit-elle d'un ton consterné avec un sourire provocateur.
- Le dégel Mlle la peste repondis-je en passant à côté d'elle en courant vers la salle de bain.


Quelques heures passent.



Je misère à ouvrir la porte, la clé ne tourne pas dans la serrure. J'ai la main gauche prise par le cadavre en haut rouge posé sur mon épaule qui divague depuis son cinquième verre de vodka caramel et l'esprit à moitié clair. Heureusement qu'on a pas eu d'emmerdes sur le chemin du retour.
- Maiiis on s'en fout on dort làà..
- Chut, tu vas te faire traiter par ton voisin si tu parles trop fort, ça résonne sur le palier.
La porte s'ouvre, je la referme au verrou aussitôt. Je marche vers sa chambre et la dépose sur le lit.
-Ouuuh doucemeent.
Et en trois minutes, sa respiration devint très, très profonde.
-Bon, tu vas rester en état de coma avancé jusque demain 13h comme c'est parti dis-je en lui enlevant ses talons. Tu vas te lever, aller dans la salle de bain pour te rendormir continuais-je en la déshabillant. Tu vas prendre des cachets et dormir devant la télé et rester comme ça until the bed-time baby, en la déposant en sous vetements au fond de son lit. Je rabat les draps au dessus d'elle. Alors pourquoi s'en faire hein? terminais je en la laissant dormir.
Je vais m'assoir sur le une place du salon lumière éteinte. La lumière de la lune filtre à travers les volets. Se reflète sur la télé. J'entend les bruits de la ville à l'exterieur, un bruit de fond faible mais constant. Même la nuit. Je reste immobile, je fixe le mur. Je ferme les yeux. J'écoute.

Une main sur mon épaule. J'ouvre les yeux. Noir. Silhouette. Je pose ma main sur la sienne, je frappe de l'autre. Paré. Un pied fouette l'air et s'écrase sur mon crâne. Je bascule du fauteuil sonné. Envie de vomir. La silhouette s'est effondrée en donnant le coup de pied. Je peux pas me relever. Je vomis. Roule vers la fenêtre. La silhouette me suit à quatre pattes. J'essaye de la repousser du pied. Ma jambe est écartée. Reveil trop brusque, pas le temps de réagir. Coup trop puissant, sonné. La silhouette essaye de prendre ma main, mon bras. Je me débat. Main au col, amorce d'étranglement. Je l'éloigne du pied, son bras se tend, je frappe à l'articulation. Sans force. Elle tient bon. M'immobilise. Atteré j'essaye de me rendre compte.
- Mais t'es con c'est moi!! cria-t-elle.
Plus de mouvement. Juste le bruit des respirations saccadées. Pendant des secondes interminables. Elle tient toujours mon bras. J'essaye de bouger. Elle ne lache pas. On s'observe. Pendant une minute entière. La lumière de la lune suffit. Elle a du se lever pour aller au toilettes. M'a vu. S'est approchée pour me faire dormir sur un lit et a posé sa main sur moi pour me réveiller. Je sens une goutte glisser le long de ma tempe. Elle la suit du regard. Un ongle de son pied a du me couper.
Elle s'écarte et roule sur le côté. Pose ses mains sur son visage. Souffle. Se lève et s'allonge dans le divan.
Je m'assied. Bouillonnant. Mes mains tremblent, je tressaille. Un flot continu d'émotions se déverse dans ma tête, mon corps. Incontrôlable. Je tremble de plus en plus. Me lève brusquement, passe dans le bureau, ouvre la fenêtre et saute. Un étage. Contrôle, reception, roulade. Et je cours. Sans m'arrêter, sans savoir si je suis fatigué, si j'ai dépassé mes limites, dépassé la raison. Je cours sans m'arreter. Dans le parc, dans la rue. Une horloge indique cinq heures. Les premières lueurs sont déjà là. Je n'y prête pas attention. Je cours. Un appui pour le toit de la bibliothèque. J'accelère. Saute. Grimpe.



Sept heure. Transi de froid. Trempé de sueur. Sale. Chemise dechirée au niveau de l'avant bras. Le peu de sang qui a coulé sur mon visage a vite seché. J'entre dans la boulangerie habituelle, pas loin de l'immeuble.
- B'jour.
- Salut Alex, tu prends quoi auj..
Il s'est retourné entre temps et a vu mon état.
- Mais qu'est ce qui t'es arrivé?
- Une nuit agitée. Trois croissants s'il te plait.
D'un geste rendu sur par l'habitude, il m'emballe ça en quelques secondes.
- Ca va aller?
- Oui t'inquiète, je vais rentrer prendre une douche et me changer. A plus.
- Okay okay, à demain.
Je sors et me dirige vers l'immeuble. La fenêtre est toujours ouverte. Je cale le paquet sous ma chemise. Grimpe difficilement. Pas de sommeil, trop d'efforts, d'émotions. Je rentre dans le bureau et referme la fenêtre doucement. Sors le paquet de croissants et le pose près du pc, toujours allumé. Bouge la souris. Quelques conversations qui clignotent. Alt F4. Le ventilo s'éteint. Je referme l'écran. Elle est toujours sur le divan. Avec une couverture. Le soleil filtre à travers les interstices. Je rentre dans la salle de bain. Me douche. Les yeux qui piquent, la fatigue prolongée. Je m'essuie. Prend des affaires des rechange posées sur une chaise. Je passe boire de l'eau dans la cuisine et retourne dans le fauteuil. Fixe la télé éteinte. Je suis courbaturé, je sens que j'ai pas dormi, mais j'me sens propre et à l'aise dans mes fringues. Le syndrome du lendemain de nuit blanche, les yeux qui piquent et se ferment tous seuls vient pointer son nez. J'essaye de lutter sans trop savoir pourquoi. Mis à part le fait que j'ai toujours du mal à dormir n'importe où.
Elle bouge au bout de quelques dizaines de minutes. Remue faiblement et se retourne un moment. Finit par ouvrir les yeux et me regarder. Ecarte la couverture et tend le poing. Je la regarde. Me lève pour faire claquer mon poing sur le sien. M'allonge à côté d'elle et l'enlace.
C'est pas la première fois que ça arrive, mais d'habitude elle ne réplique pas. Les ravages de l'alcool chez les jeunes, le nouveau fléau ardemment combattu par le ministère de la santé.
- Y'a des croissants.
Elle grogne un truc incompréhensible et se roule en boule. J'éspère que je me réveillerai avant le milieu de l'aprem, j'ai encore des trucs à faire pour demain. Je laisse mes yeux se fermer. Ils crient "merci maître". Et j'ai pas le temps de penser "no souci guys" que Morphée m'a kidnappé.


Et peut-être que je me reveillerai avec la haine qui sait? Une putain de haine dévorante, qui cristallisera tous les échecs dont je suis responsable. Et pour changer, une deuxième, dirigée vers d'autres. Faire les mauvais choix c'est vraiment énervant, et plus. Quand c'est les autres qui font le mal, c'est différent. Y'a que le sac de frappe dans la salle de gym qui permet de conserver la tête froide, après une demi heure de violence. C'est lui qui prendra pour les autres. Même si parfois ça serait tellement plus kiffant d'avoir la possibilité d'être en situation réelle. C'est vraiment un cliché, le mec énervé qui veut taper. Merde, j'éspère que le jour où j'exploserai y'aura quelqu'un pour m'empecher de foutre ma vie en l'air en défigurant un autre quelqu'un. Genre mon pote Johan, l'athlète beau gosse. Ou Jikkey le A.M. Ou Dool le posé. Ou n'importe qui. Let's fucking PLAY!

# Posté le samedi 21 mars 2009 12:08

Modifié le vendredi 27 mars 2009 16:25

Don't move.

Effleurement de conscience. Eveil.
La première sensation a été l'absence de sensation claire. Allongé, maintenu par des trucs bizarres. Ah si, y'a un truc dans ma bouche, j'arrive pas à avaler. Je bouge. Ma tête ne se tourne pas, mon bras ne se déplace pas d'un centimètre. Complétement déconnecté. Pensées floues. Où je suis.
J'essaye d'ouvrir les yeux. Effort. La lumière m'agresse, je les referme. Que du blanc au plafond. Hopital?
Je ne bouge plus, et attend. J'écoute. Des bruits sourds, sporadiques qui semblent venir de devant le lit. Je peux pas avaler ni parler le tuyau me gêne. J'émet un son. Inaudible. Mais c'est quoi ce bordel?
J'ouvre les yeux et réussi à regarder le plafond plus longtemps. Je laisse ma tête se porter vers la droite, mais la sangle du masque ou je sais pas quoi réduit la possibilité de mouvement. Deux ou trois appareils, quelques fils. Je bouge mon bras. Je sens un truc à l'interieur. Une seringue. Intravéneuse. Hopital, sous perf, apport en oxygène. Bip. Bip Bip. Ah le bippeur est là aussi. Aucune idée de ce qui a bien pu arriver mais ça a du être vachement marrant. J'essaye de bouger les jambes. Je tourne la droite et remonte légérement le genou. Pas de douleur. Juste l'impression d'avoir le corps entier à un autre endroit. Je bouge mes doigts. Contact. Y'a un truc attaché à ma main. Pour prévenir le responsable du réveil du patient surement. Je dois attendre un peu, aller mieux. Où que je sois je vois pas bien ce que ça va changer mais bon..

Les minutes s'égrennent, plates et vides de sensations. L'eléctro cardiogramme m'empêche de perdre toute notion du temps. Bip. Bip.
Je bouge mes jambes moins lentement. J'essaye de contracter ma cuisse droite. Faiblement, le temps d'une respiration. Pareil avec mon bras, mes abdos. Impossible. J'observe autour de moi. C'est pas une chambre ou une salle de réveil. Des armoires vitrées avec des flacons, une table à ma droite, une blouse verte tachée de sang posée dessus. Une lampe qu'on retrouve au dessus des tables d'opérations éteinte dans un coin.
Bip. Bip.

J'essaye de me souvenir. De me rappeler comment j'ai atterri ici. Pas moyen. Mon niveau de conscience progresse. J'essaye de bouger le tuyau qui m'empeche d'avaler avec ma langue. Je bataille pendant plusieurs minutes et finit par le recracher. Il glisse sur ma joue en laissant une trainée de salive. Je la sens à peine. Anhestesie générale.

Bip. Bip.

Au bout d'une heure ou deux passées à comater et dormir par intermittence, j'essaye de parler. J'ai du mal à articuler, et plus fort qu'un murmure reste hors de portée.

Bip. Bip. Bip.

Je presse le bouton. Et réalise. La blouse verte sur la table n'est pas une blouse. C'est le T-shirt que j'ai enfilé hier matin en partant de chez moi. Le sang par contre, ça en est du vrai.
Le bruit d'une porte qui coulisse, derrière moi. Je suis pas dos à un mur, impossible de tourner la tête.
- He.. fut le seul son qui sortit de ma bouche. Le feu parcourut mes veines, se répandit de mon épaule à tout le haut du corps. Shooté. Démoli sur place, sans avoir le temps de compter jusqu'à trois.

Bip. Bip..
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# Posté le lundi 16 mars 2009 10:19

To see or not to see.

- Et ça fait quoi?
- J'sais pas. C'est difficile à décrire ou expliquer. C'est chaud de prendre un truc au serieux quand ça vient d'un feeling, là comme ça. Mais c'est impérieux. Tu te poses pas de questions en fait, c'est un fait établi. Genre j'te vois pour la première fois et je dis: "t'es black ou t'as les yeux bleus".
- Oé mais ça vient de quoi?
- J'en sais rien. C'est pas vraiment de la logique ni du bon sens. C'est comme un film que t'as déjà vu. On te sort le premier mot tu sais déjà ce qui va suivre. Le seul truc qui change c'est le procédé. En fait, une fois que t'as compris t'en a plus rien à foutre. T'attends, juste. C'est comme de la politique, ce qui compte c'est pas ce que tu dis mais comment tu le dis. Sauf que si t'as déjà compris c'est plus tellement utile. Tu pourrais t'en aller et le laisser faire un monologue. Et tu cherches même pas à répondre. T'as déjà fait la conversation vingt fois mentalement. Juste un 'okay'. Clair, net et précis.
- Et après?
- La parenthèse se referme. C'est pas plus compliqué. Ca dépend juste de quel côté de la barrière tu te trouves.
- Parfois t'es le pare-brise, parfois t'es le moustique hein..
- Bien vu Jikkey. Bien vu..

---

J'me retrouverai à foncer. En plein soleil, sur un quai. Asphalte brûlant, chaleur sèche. La gorge douloureuse, torturée par la soif, le maillot trempé.
"Wherever the fuck I am, I am too, and it spoils all."

# Posté le jeudi 26 février 2009 20:26